Formation continue et diplôme de professeur
Quand l’Aikido est arrivé en Europe au début des années 1950, nos pays, comme le reste du monde d’ailleurs, étaient une terre vierge pour cet art. Les premiers professeurs d’Aikido japonais ont enseigné à des débutants.
Stages pour éléves et professeurs
Il a donc fallu pendant bien des années former les pratiquants européens aux techniques de base de l’Aikido. Cette époque fut l’âge d’or des stages a dimension humaine où un Japonais apprenait à un groupe d’amis à faire ikkyo.
Progressivement, un corps de professeurs s’est formé, des fédérations ont vu le jour, et l’on a continué à faire les mêmes stages, un peu plus fréquentés, un peu moins chaleureux.
Les années ont passé encore. Il existe désormais des dojos et des professeurs d’Aikido jusqu’au fond des campagnes les plus reculées. Et l’on organise toujours les mêmes stages rassemblant aujourd’hui sur un immense tapis plusieurs centaines de personnes qui continuent à faire ikkyo comme aux jours héroïques.
Faire ikkyo c’est très nécessaire bien sûr, pour tout le monde, du débutant au professeur et au maître, et si possible chaque jour qui passe. Pratiquer les bases encore et encore sans jamais se lasser, c’est la condition de l’artiste, ce sont les gammes du pianiste, quel que soit son génie. Mais cela n’empêche quand même pas de réfléchir et de poser la question suivante :
« Si les professeurs doivent évidemment continuer à s’entraîner, n’est-il pas également normal et nécessaire qu’ils aient accès à une formation plus spécifique qui garantira la qualité de leur enseignement et plus généralement la transmission de l’Aikido aux générations futures ? Les professeurs n’ont-ils pas droit à un supplément d’enseignement ? »
Il est vrai qu’au fil des années les fédérations ont mis en place certains évènements baptisés « Stages enseignants ». Malheureusement, ces stages n’ont jamais fait que reprendre la formule qui existait pour les stages de masse. La seule différence c’est qu’ils réunissent quarante professeurs au lieu de rassembler quatre cents personnes de tous niveaux. Le nom de la manifestation a changé, les conditions de pratique sont plus confortables et le public plus homogène, mais on continue invariablement à faire ikkyo.
TAI estime que la formation spécifique des enseignants est bien plus qu’une simple question de vocabulaire.
Il existe en effet des notions indispensables pour la compréhension de l’Aikido qui ne sont jamais abordées dans les stages de manière systématique. La notion de riai par exemple, l’unification de toutes les techniques autour d’un principe unique.
S’efforcer de comprendre comment des principes de cette nature s’appliquent dans la multitude des formes, mène à une conception de l’Aikido qui ne s’attache pas seulement à l’aspect physique. C’est dans cette voie que doit s’engager la réflexion des enseignants qui s’ouvriront ainsi de nouveaux horizons et ne se limiteront plus aux seules dimensions martiale ou sportive de l’Aikido.
TAI a donc mis en place et entend développer une formation continue des enseignants au niveau international, parce qu’elle estime que cette formation n’existe à ce jour qu’au plan national et de manière très imparfaite.
Diplôme de professeur
Qui dit formation dit évidemment diplôme.
La France est le seul pays qui possède à ce jour un diplôme d’Etat de professeur d’Aikido, ce qui ne manquera pas d’ailleurs dans le futur de poser certains problèmes compte tenu du principe communautaire de libre circulation et de libre exercice des professeurs au sein de la CEE.
TAI a donc estimé qu’il était possible d’harmoniser l’enseignement de l’Aikido au niveau international et à tout le moins européen.
Dans cet esprit a été créé le diplôme TAI de professeur d’Aikido. Ce dernier respecte le modèle à trois niveaux qui s’est imposé traditionnellement depuis les temps les plus anciens aussi bien en Orient qu’en Occident.
KIRIKAMI, le premier niveau correspond à la phase d’apprentissage du métier.
MOKUROKU, le deuxième niveau correspond à la bonne connaissance du métier.
MENKYO-KAIDEN, le troisième niveau correspond à la maîtrise et éventuellement à la très haute maîtrise.
TAI entretient un contact suivi avec les institutions de la Communauté Européenne afin qu’un diplôme européen de professeur d’Aikido puisse voir le jour dans l’avenir.
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